Le style de management de Grégory Clerc au sein du groupe Castel (géant mondial du vin et de la bière) fait couler beaucoup d’encre dans le milieu des affaires. Clerc a fini par confondre gouvernance et droit divin. En l’espace de quelques années, l’ancien conseiller fiscal devenu Directeur Général du Groupe Castel, a transformé le fleuron français des boissons en une citadelle opaque, verrouillée par la peur et les purges systématiques. Une guerre de pouvoir entre les héritiers du fondateur Pierre Castel et Grégory Clerc, directeur général de l’empire familial.

Historiquement, le groupe Castel était géré de manière très patriarcale par Pierre Castel et ses proches. Grégory Clerc, l’ancien conseiller fiscal, bien que n’étant pas un membre de la famille directe a accédé au poste de Directeur Général de l’Empire Castel. Mais, ce dernier, longtemps resté dans l’ombre du patriarche centenaire Pierre Castel, est accusé de prendre le pouvoir à son profit. Notons que, ce qui alimente cette réputation de toute-puissance, c’est la méthode brutale avec laquelle il a écarté les anciens cadres et certains membres de la famille Castel : plusieurs directeurs présents depuis des décennies ont été remerciés, des témoignages internes font état d’une gouvernance basée sur l’allégeance. Ceux qui ne s’alignent pas sur sa vision sont rapidement mis sur la touche.
Le jeudi 8 janvier dernier, les héritiers de Pierre Castel ont tenté de faire voter la révocation de Grégory Clerc mais ont échoué. Selon ces derniers, la quasi-totalité des actionnaires du groupe auraient voulu retirer le mandat de Clerc, mais cette majorité n’a pas pu s’exprimer à cause de procédures jugées opaques.
Depuis sa nomination en tant que Directeur Général en 2023, Grégory Clerc a entrepris de redessiner les contours d’un groupe pesant des milliards d’euros, en s’appuyant sur une lecture stricte des structures juridiques et des règlements des sociétés qu’il conduit. En effet, sous l’ère de Pierre Castel, les décisions se prenaient souvent autour d’une table, entre membres de la famille ou compagnons de route de longue date. Grégory Clerc a remplacé cette dimension affective par une ingénierie juridique froide. Il a méthodiquement transféré les centres de décision vers des juridictions ultra-sécurisées, rendant les héritiers de sang presque étrangers à leur propre entreprise. Cette « déterritorialisation » du pouvoir est ce qui lui a permis de résister à la fronde familiale.
Pour précision, Grégory Clerc ne détient aucune part directe dans IBBM. Ce dernier a orchestré une déconnexion quasi totale entre la propriété du groupe et le contrôle effectif des opérations. La famille Castel voit son nom sur les bouteilles, mais se sent « invitée » dans ses propres conseils d’administration. Ils touchent des dividendes, mais n’ont plus leur mot à dire sur la stratégie en Afrique ou sur les investissements viticoles.
En détenant la gestion sans être actionnaire de référence, Grégory Clerc n’a pas la même aversion au risque que la famille. Il gère l’empire comme un gestionnaire d’actifs et non comme un gardien de patrimoine intergénérationnel.








