Home Actualités Procès affaire Dangnivo : ‘’ On m’a juste demandé de dire que...

Procès affaire Dangnivo : ‘’ On m’a juste demandé de dire que c’est moi qui ai éliminé Urbain Pierre DANGNIVO ‘’

874
0

Comme annoncé, le procès de l’assassinat de Pierre Urbain Dangnivo a débuté depuis ce mardi 11 mars 2025, au tribunal de Cotonou. Comme suspects principaux, Donatien AMOUSSOU et Codjo Kossi ALOFA à la barre et plusieurs autres personnes comme témoins. Ci-dessous, les révélations de la première journée. 

 

Dans la salle d’audience, l’accusé Kossi Alofa est habillé d’un tissu local en manche courte bleu ciel surmonté du gilet des détenus. L’accusé Donation Amoussou est vêtu d’un good Luck de couleur blanche surmonté du gilet des détenus. Un écran géant est installé dans la salle. Les parents de Pierre Urbain Dangnivo sont présents. Les débats ont démarré. Nous sommes le mardi 11 mars 2025, au tribunal de Cotonou.  

Président de céans : Connaissez-vous Urbain Pierre DANGNIVO ?  

ALOFA : Non je ne le connais pas  

Président de céans : Mais avez-vous entendu parler de lui une fois ?  

ALOFA : C’est en raison de cette histoire que je suis ici sinon je ne le connais pas  

ALOFA : De ce que j’aurais appris, Urbain Pierre DANGNIVO avait des renseignements qui ne mettaient pas à bien le Chef de l’État de l’époque…On m’a juste demandé de dire que c’est moi qui ai éliminé Urbain Pierre DANGNIVO.  

– Un jour autour de 4h du matin, on m’a mis une cagoule et mis dans un véhicule. Ils m’ont demandé où est-ce que je voulais aller j’ai répondu au Togo. Alors nous nous sommes mis en route. J’ai constaté que nous avions fait assez de temps sur la route. A un moment donné, nous nous sommes arrêtés à Hilacondji..ils m’ont laissé là… Je ne savais plus quoi faire donc je me suis rendu à la justice togolaise où on m’a gardé pendant 17 jours avant de me ramener au Bénin.  

ALOFA à la barre : « Quand on m’a arrêté j’étais avec un ami sur une moto, nous avions commis un vol. En cours de chemin, nous avions eu une panne d’essence et la population a mis la main sur nous…DANGNIVO n’est jamais venu chez moi faire des cérémonies et je ne l’ai pas tué. On m’a demandé de dire que c’était moi.  

Partie civile : « Êtes-vous allés à l’école ? Si oui vous vous êtes arrêtés en quelle classe ?»  

ALOFA : « Je ne suis pas trop allé à l’école puisque je me suis arrêté en classe de CE1  

Partie civile : « Comment se fait-il que vous n’ayez pas vraiment un long cursus scolaire, vous n’avez donc pas vraiment appris de leçons. Comment se fait-il donc que quelqu’un vienne vous demander de faire des déclarations et vous le faites mot pour mot ? Pour une nouvelle fois avez-vous tué Urbain Pierre DANGNIVO ? »  

ALOFA : Non  

Dans son récit, le principal accusé ALOFA a rappelé avoir été arrêté le 16 août pour vol de moto et que lors de l’arrestation son complice avait pris la fuite. Il a été jeté en prison à Godomey. Un jour, dit-il, son ami l’a contacté sur son portable et un policier répondait. Une fois déféré en prison, il a appelé l’ami pour lui dire de lui prendre un avocat afin qu’il puisse sortir de cette affaire dans laquelle il était. ALOFA ajoute qu’un policier est venu un soir le chercher pour aller voir le régisseur. Ce dernier lui a demandé de suivre des policiers ces ‘’chefs’’ pour un travail avec eux. Il dit avoir répondu qu’il n’était pas policier. Après il s’est retrouvé avec le commissaire Aledji, qui lui aurait attribué un second prénom : Cossi. Sinon, lui-même s’appelle Alofa Codjo.  

Ensuite, il lui a été demandé d’effectuer un travail pour le président de la République. Il affirme qu’on lui a dit que dans un pays, s’il y a des citoyens qui veulent gêner le président de la République, on s’occupe d’eux. Il lui a été dit que Dangnivo a connaissance des choses qui peuvent créer des préjudices au président de la République. Donc, qu’il va les aider à s’occuper de Dangnivo. Alofa poursuit en déclarant qu’il ne sait pas où le corps est passé jusqu’à ce qu’un corps soit retrouvé à Womey. Selon ses dires, il ignorait aussi la provenance du treillis retrouvé chez lui. Il confie qu’il lui a été promis 25 millions FCFA s’il acceptait le travail qui lui était demandé.  

Après la reprise de l’audience, l’autre accusé Donatien Amoussou a été invité à la barre.  

Amoussou Donatien explique était un militaire. Il dit que l’histoire est basée sur le colonel KOUMASSEGBÔ. Il (le colonel) lui soulignait qu’il devait accomplir une mission d’État, qu’il devait se sacrifier pour la nation et que c’est le Chef de l’État qui commandait la mission. Arrivée chez le colonel, ce dernier a fait sortir une bouteille contenant un serpent sur lequel il y avait de l’alcool. Il m’a servi un verre de cette bouteille-là, il s’est également servi. Le colonel est ensuite allé dans sa chambre parce qu’il a reçu un appel. Lorsqu’il ne regardait pas dans sa direction, il a renversé le contenu du verre. Lorsque le colonel est ressorti, il lui a confié un téléphone portable zékédé noir à aller remettre à un monsieur qui était à Océan FM avec une somme de 500.000f. Le lendemain, explique l’accusé, il aurait appelé le colonel pour lui dire qu’il ne pouvait pas faire cela.  

Donation : « Un jour on m’a dit que le président n’était pas content de moi, que je veux gâter l’affaire. C’est de là que le nom du général GBIAN est sorti…  

Les événements se poursuivent…mais après tout ça leur plan était de me tuer. Il fut un jour, ils m’ont tapé fatiguer. ALOFA dit qu’il était emprisonné mais ce n’est pas vrai parce qu’avant cela aussi je faisais partie d’une équipe de la commission d’enquête.  

Théophile N’dah, après les évènements quand j’ai été emprisonné est venu me voir et m’a donné 500.000f et me faisait comprendre que tout cela allait passer. Mais je suis sûr qu’ils ont placé des espions dans la prison.  

Le ministre Grégoire AKOFODJI me demandait un jour si je suis patriote ou si je voulais tout gâter. On m’a fait des propositions que j’ai refusé. On était à la place des Martyrs avec l’ex général de l’Ortb et mon frère, nous étions en train de dîner quand on a appris qu’un corps a été exhumé à Womey…  

Le Colonel KOUMASSEGBÔ m’a trahi… »  

Le procureur : « Connaissez-vous Urbain Pierre DANGNIVO ? »  

Amoussou Donatien : « Dangnivo est-il dans la salle ? Je ne sais pas. Je ne connais DANGNIVO ni d’Adam ni d’Ève. Je ne connais pas ALOFA. Mais j’avais entre temps eu l’information qu’il était arrêté pour un vol de moto. Le nom de Monsieur ALOFA était dans la presse.  

Je ne savais pas que le téléphone en question et la voiture au départ des histoires étaient liés à Dangnivo. Finalement c’est Priso (un ami de Amoussou) qui a remis le téléphone  

Je faisais partie de leur équipe mais depuis que j’ai refusé de déposer le téléphone, ils m’ont écarté des affaires  

Dans cette affaire, il y avait aussi une histoire de vol à la SAGAM. Et apparemment c’était la voiture de Dangnivo qui a été utilisée ».  

Le procureur : « C’est Polo (ami de ALOFA) qui fait le lien entre ALOFA et vous ?»  

Amoussou Donatien : « je peux connaître quelqu’un sans pour autant connaître ses activités ».  

Partie civile : « vous aviez quel grade dans l’armée ? »  

Donatien AMOUSSOU : « J’étais titulaire du CAP 2 »  

PC : Vous avez reçu une formation particulière ?  

DA : J’ai été formé par les Américains…  

PC : Est-ce-que vous pensez que vous êtes cupide ?  

DA : non non  

PC : Mais vous dites que vous êtes allés chez le colonel et vous avez pris 500.000. Grégoire AKOFODJI vous a donné 500.000f, Monsieur DAVO aussi. Mais pourquoi vous prenez toutes ces sommes d’argent ?  

DA : Monsieur le président, l’argent ne sent pas mauvais. J’étais détenu, je manquais d’argent… Toutes ces sommes qu’on m’a données j’ai pris d’accord mais la somme qu’on m’a donnée je pense que ça c’est pour un crime je ne pouvais pas  

Si le colonel voulait détruire le téléphone, il n’aurait pas eu besoin de moi, s’il avait eu envie de jeter le téléphone dans la mer il n’aurait pas eu besoin de moi. Mais me dire d’aller remettre un téléphone à Océan FM et souligner que j’ai retrouvé le téléphone parterre. Ça sonnait mal pour moi.  

PC : en tant que membre présumé de la commission, quel est votre rôle…  

DA : c’est l’affaire du téléphone qui m’était confiée. Mais peut-être si j’avais fait cela on allait me confier d’autres tâches. La commission d’enquête a été formée pour enquêter sur la disparition du véhicule.  

PC : Pourquoi selon vous, vous avez été choisi pour accomplir cette tâche ?  

DA : j’étais sûrement au mauvais endroit au mauvais moment. Seul le colonel peut donner ses réponses.  

PC : le colonel est-il toujours en vie ?  

DA : je ne sais pas…  

Amoussou Donatien : « Lorsque les personnes là viennent me voir en prison pour me donner de l’argent, je leur demande c’est de la part de qui. Ils me répondent que c’est de la Haute autorité. Quand je demande qui est la haute autorité ils ne me répondent pas…  

Chaque fin du mois je recevais un abonnement canal+… La seule personne capable de répondre aux questions est le colonel KOUMASSEGBÔ… Quand ils disent qu’ils ne m’ont pas oublié, je ne sais pas ce qu’ils disent. Le colonel KOUMASSEGBÔ était le chef de sécurité du président Yayi…  

A l’époque, ils pensaient qu’ils allaient vite vider le dossier et nous condamner mais Dieu était là, ils ont mal fait et voilà les résultats aujourd’hui.  

Partie civile : « Qu’est-ce-que le téléphone révélait ? »  

Amoussou Donatien : « J’ai une maison à Akpakpa sênandé. Si vous voyez les publications, ils ont dit qu’ils ont déposé le véhicule à Akpakpa. Un jour, ils ont dit de leur indiquer la maison. Mais puisqu’ils disaient avant tout ça qu’ils connaissent chez moi, j’ai refusé de leur indiquer la maison. J’ai refusé. Ils ont fait le tour de Akpakpa pendant un bon moment. Quand ils sont revenus, Prince Aledji m’a menotté et m’a correctement giflé pour que je lui indique ma maison.  

Derrière lui, un gendarme m’a soufflé à l’oreille de ne jamais indiquer la maison. Il (le gendarme) m’indiquait que c’est un complot contre moi. En réalité quand je leur ai dit que je vivais à Akpakpa, ce n’était pas vrai. Je dormais chez ma maman à Fifadji. Si j’avais la malchance d’indiquer ma maison, ils allaient amener ALOFA là-bas et là c’est fini j’étais cuit. Sinon il n’y avait aucun véhicule quelque part. C’était faux.  

Le Procès a repris ce mercredi.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here