C’est la fin d’une longue traversée du désert pour le secteur extractif béninois. Dès la fin du mois, les installations offshore de Sèmè-Kraké reprendront du service avec un objectif initial de 15 000 barils par jour. Entre enjeux financiers majeurs et défis techniques surmontés, plongée au cœur d’un projet qui replace le Bénin sur la carte pétrolière du Golfe de Guinée.
Le Bénin redémarre sa production pétrolière après 27 ans de silence. C’est un moment que beaucoup n’osaient plus espérer. Dans les eaux azur du Bloc 1, au large de Sèmè-Kraké, les machines ont recommencé à vrombir. Ce redémarrage, fruit de plusieurs années de négociations et d’une campagne de forage intensive menée par Akrake Petroleum, n’est pas seulement une réussite industrielle ; c’est le symbole d’un Bénin qui refuse de laisser ses richesses naturelles dormir sous les sédiments.
Pour assurer ce redémarrage, l’opérateur Akrake Petroleum a mobilisé des moyens logistiques imposants : le déploiement d’une unité mobile de production offshore (MOPU) et d’un navire de stockage flottant (FSO), la finalisation du puits de production AK-2H, le forage d’un nouveau puits d’exploration destiné à sonder des réservoirs plus profonds, offrant ainsi des perspectives de croissance à long terme. Notons que, le projet repose sur un partenariat public-privé stratégique où les intérêts sont répartis comme suit : Akrake Petroleum : 76 % (Opérateur principal), État Béninois : 15 %, Octogone Trading : 9 % (Partenaire local). La production initiale est projetée à environ 15 000 barils par jour, un volume qui permet au Bénin de réintégrer officiellement le cercle des nations productrices de brut.
Pour rappel, le champ pétrolier de Sèmè a été découvert à la fin des années 1960 par Union Oil et exploité par la suite par les Norvégiens de Saga Petroleum. Il avait fourni 22 millions de barils entre 1982 et 1998. Sa fermeture, imposée à l’époque par l’effondrement des cours mondiaux du pétrole, n’était donc pas due à l’épuisement des ressources, mais à un manque de rentabilité.








